La guerre contre le cancer du sein, d’hier à aujourd’hui (partie 2)

VM medical partenaire

 

Rédigé par:  Dr John R. Keyserlingk, M.D., M.Sc., F.R.C.S.(C), F.A.C.S.,
VM Médical

Le cancer n’est pas apparu soudainement au 20e siècle. Il existe d’anciens manuscrits  datant de 2000 ans avant Jésus-Christ qui décrivent en détail des cas de cancer du sein. Le mot « cancer » nous vient du mot grec « karkinos », qui veut dire « crabe ». Cette appellation fut choisie par Hippocrate, le père de la médecine, pour tenter de décrire les masses qu’il découvrait chez ses patients. Ces masses étaient souvent accompagnées d’extensions locales.

Au cours des 15 siècles suivants, les médecins ont épousé la théorie de Galen et suivi sa recommandation de ne pas tenter d’extraire une tumeur cancéreuse de manière chirurgicale, car la bile noire réapparaîtrait aussitôt.

Le cancer a donc été relégué aux oubliettes pendant que les efforts du milieu médical étaient voués au traitement et au contrôle des nombreuses épidémies et maladies qui menaçaient la survie de l’ensemble de la population, par exemple la peste et la typhoïde.

En effet, à cette époque une personne survivait rarement au-delà de la quarantaine, notamment l’âge où le cancer commence d’habitude à frapper ses victimes.

Il faudra attendre la publication des ouvrages détaillés de Vesalius sur l’anatomie humaine (1543) pour enfin rejeter le concept faussé de Galen et mieux comprendre les maladies. Suivront ensuite les percées scientifiques de Hunter et Lister, les pères respectifs de la chirurgie et de l’asepsie chirurgicale. C’est l’utilisation de l’anesthésie générale par éther au 19e siècle qui a permis l’élaboration d’une méthode chirurgicale pour traiter le cancer.

Ensuite, au tout début du 20e siècle, Marie et Pierre Curie ont découvert la radiothérapie. Malgré la combinaison prometteuse de la chirurgie et de la radiothérapie, il est devenu évident dans les années 1950 que le cancer allait être plus complexe à maîtriser que les maladies traitées jusqu’alors, dont la typhoïde, la polio, la tuberculose et la pneumonie, qui avaient toutes déjà été quasi-éliminées grâce à l’élaboration de médicaments tels que la pénicilline.

La quête d’une solution semblable pour accompagner la chirurgie et la radiothérapie d’un cancer a donc été lancée. Ça pressait puisqu’à mesure que   le taux de survie augmentait (de 25 ans depuis le début du 20e siècle !)   la quantité de personnes atteintes du cancer augmentait également. C’est Sidney Farber, un pathologiste et hématologue de Boston, qui a injecté pour la première fois en 1950 un agent antiacide folique par voie intraveineuse pour traiter le cancer sans avoir recours à la chirurgie. Cette technique a fait reculer des milliards de cellules cancéreuses, les tumeurs, et la mort certaine du patient. C’était la naissance de la chimiothérapie; troisième arme de notre combat soutenu contre le cancer.

Depuis une soixantaine d’années, et surtout depuis que j’ai commencé à pratiquer la médecine, nos patientes bénéficient de victoires  importantes dans notre guerre contre le cancer.

Biographie sommaire de l’auteur.

Dr John R. Keyserlingk, M.D., M.Sc., F.R.C.S.(C), F.A.C.S., est chirurgien oncologue et directeur du Centre du sein et du Centre d’oncologie de VM Médical, l’un des plus importants centres du sein au Canada. Il est également rattaché à trois centres hospitaliers affiliés aux Universités de Montréal et McGill. Dr Keyserlingk est un expert reconnu, notamment en matière de prévention, détection précoce et traitement du cancer du sein. De plus, il est un défenseur du droit des patients à avoir un accès opportun, efficace et en toute dignité aux meilleures technologies possible. Dr Keyserlingk est président du Comité international et siège au Conseil exécutif du National Consortium of Breast Centers, qui regroupe plus de 400 Centres du sein et plus de 3 000 experts à travers le monde.