La guerre contre le cancer du sein, d’hier à aujourd’hui, partie 1

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Commençons tout d’abord par recadrer le propos. Le cancer est une maladie très complexe et est aujourd’hui la plus redoutée. Nous parlons du cancer surtout depuis les dernières 60 ans, période durant laquelle il s’est faufilée au premier rang du palmarès des maladies. Nous estimons qu’un homme sur deux et une femme sur trois seront un jour atteints du cancer.

Mais le cancer n’est pas apparu soudainement au 20e siècle. Il existe d’anciens manuscrits qui datent de 2000 ans avant Jésus-Christ qui décrivent en détail des cas de cancer du sein. Le mot « cancer » nous vient du mot grec « karkinos », qui veut dire « crabe ». Cette appellation fut choisie par Hippocrate, le père de la médicine, pour tenter de décrire les masses qu’il découvrait chez ses patients. Ces masses étaient souvent accompagnées d’extensions locales.

Pendant plusieurs siècles, le cancer était une maladie dont on parlait peu, surtout parce qu’il résistait à toute forme de « traitement ». Faute d’outils scientifiques plus précis, les médecins d’antan suivaient le dogme de Galen, une sommité du milieu médical au début de l’ère chrétienne, qui avançait que le cancer était dû à un déséquilibre d’une des quatre humeurs corporelles, plus spécifiquement la « bile noire » qui provoquerait la mélancolie (« melan » signifie « noire », et « colie » la « bile »). Galen établissait donc déjà un rapport intéressant – bien que très simpliste et pas prouvé – entre la dépression et l’apparition d’un cancer.

Au cours des 15 siècles suivants, les médecins ont épousé la théorie de Galen et suivis sa recommandation de ne pas tenter d’extraire une tumeur cancéreuse de manière chirurgicale, car la bile noire réapparaîtrait aussitôt.

Le cancer a donc été relégué aux oubliettes pendant que les efforts du milieu médical étaient voués au traitement et au contrôle des nombreuses épidémies et maladies qui menaçaient la survie de l’ensemble de la population, par exemple la peste et la typhoïde.

La deuxième partie de cet article sera diffusée au mois de septembre